• Post category:Reportages

Mythes et récits fabuleux entourent les jolies îles faisant face à Cannes. Mais derrière chacune d’entre elles se cache probablement un fait historique.

La légende du dragon

Légende : Honorat et Marguerite débarquent sur l’île de Lérins. Car oui, à cette époque, il n’y en avait qu’une seule ! Sur ce bout de terre réside un dragon. Les deux futurs saints joignent leurs forces, se battent et réussissent à vaincre le monstre. Ce dernier, de colère, tape l’île avec sa queue avant de s’envoler. L’île est alors divisée en deux.

ile saint honorat

L’idée d’une seule île n’est pas anecdotique. En effet, au début du Vème siècle après JC, le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’il ne l’est aujourd’hui. La mer méditerranée est montée d’environ 1 mètre 50 durant les 1500 dernières années.

Le passage entre les deux îles était donc certainement beaucoup plus étroit qu’il ne l’est aujourd’hui.

De plus, le dragon pourrait symboliser un tremblement de terre, qui aurait eu lieu au début du Vème siècle. Ce cataclysme aurait également engendré une modification dans la physionomie des deux îles, et probablement un éloignement des deux bouts de terre.

La légende de St Honorat

Légende : Honorat cherche un endroit calme afin de pouvoir dédier sa vie à Dieu. L’île St Honorat semble parfaite. Mais lorsqu’il arrive, il se rend compte que l’île est infestée de serpents. Que faire ? Il demande conseil à Dieu qui lui répond de monter sur un palmier. Ce qu’il fait. Arrivé en haut, Dieu envoie une énorme tempête et tous les serpents se retrouvent noyés.

 

Les armes actuelles de l’abbaye de Lérins

On retrouve ici l’idée de catastrophe naturelle, peut-être un raz-de marée consécutif à un tremblement de terre ou à un effondrement de terrains sous-marins.

Les serpents, quant à eux, montrent la difficulté que les moines ont eu à s’installer. Ils représentent traditionnellement la lutte contre le mal. On les retrouve d’ailleurs dans bien d’autres légendes, comme celle de la légende de St Patrick en Irlande…

Le palmier, quant à lui, est anachronique… Il n’a été introduit sur la Côte d’Azur qu’au 19ème siècle. Toutefois, si l’on pousse un peu les investigations, on s’aperçoit qu’à la même époque que Saint Honorat vivait Saint Ampèle. Ce dernier aurait ramené d’Egypte des graines de palmiers dattiers qu’il aurait offert à la ville de Bordighera. Honorat lui aussi a séjourné en Egypte. Peut-on en conclure qu’il aurait lui-même ramené des graines ?

La longue histoire de la palme

Cette histoire de palmier est une porte ouverte à réflexion.

Tout d’abord, la palme est symbole de martyr dans la tradition chrétienne. Et des martyrs, il y en a eu beaucoup sur l’île. Saint Porcaire, massacré en 732 ap JC lors d’une incursion sarrasine, n’en est qu’un exemple.

On retrouve donc la palme sur les armes de l’abbaye : une crosse abbatiale flanquée de deux serpents enlaçant de leur queue une palme.

 

Le blason de la ville de Cannes

Armes qui deviennent bientôt celle de la ville de Cannes : en effet, le fief de Cannes est devenu propriété des moines entre le 11ème et le 15ème siècle. Il rentre par la suite dans le giron des rois de France… Tiens ! On retrouve la palme sur le blason de Cannes : « D’azur à la palme d’argent posée en barre, accompagnée de deux fleurs-de-lys d’or ». Et oui, ce sont les armes de l’abbaye de Lérins, agrémentées des fleurs-de-lys royales !

Quoi de plus logique désormais que de retrouver la palme comme récompense suprême au festival de Cannes !

 

La palme d’or, emblème du festival de Canne

Laisser un commentaire