Après Santa Cruz, nous partons découvrir les îles d’Isabela et de San Cristobal aux Galapagos.

Isabela se mérite

À l’Ouest de Santa Cruz se trouve Isabela. C’est la plus grande des îles des Galapagos, et celle aussi où les volcans sont encore en activité. Et pour nous y rendre, quoi de plus facile ? Il suffit de prendre le bateau ! Des navettes font régulièrement la traversée, et cela ne prend que deux petites heures… Deux petites heures ? Le temps est relatif, et parfois deux heures peuvent paraitre bien longues…

Les bateaux qui font la traversée sont de petites embarcations n’accueillant pas plus d’une trentaine de personnes. Chacun s’assoie sur son siège, et pas question de bouger… Car bientôt, entre les îles, le Pacifique se transforme en furie. Creux, vagues, la frêle embarcation penche d’un côté, de l’autre, va-t-on se coucher sur le côté ? L’eau rentre par les côtés et les voyageurs sont copieusement arrosés d’eau salée. La mer est sans fin, le voyage infernal. Les sacs plastiques amplement distribués. Ouf, on est arrivés…

Isabela la belle

Et à peine débarqués, quel contraste ! Tout de suite Isabela nous enchante. À proximité du débarcadère, l’eau bleu turquoise invite à la baignade. Quelques iguanes s’y sont tentés d’ailleurs, et s’amusent à se poursuivre dans l’eau. Un peu plus loin, le village de Puerto Villamil et ses 3000 habitants possède encore le charme d’antan. Quelques bars, quelques restaurants le long de la plage, mais aussi l’atmosphère d’une petite bourgade du bout du monde.

À Isabela, on se déplace à pied, en vélo. Et rapidement on trouve notre lieu de barbotage préféré : Concha Perla.

Concha Perla

On la surnomme la piscine. Pour s’y rendre, on suit un petit pont de bois qui traverse la mangrove. À marée haute, ou à marée basse, l’entrelacs des branches des arbres donnent au passage une aura magique. Et puis tout au bout, un ponton de bois d’où l’on peut plonger dans les flots. L’eau translucide laisse apercevoir tout un monde aquatique incroyable qu’on ne se lassera pas d’arpenter, masques sur les yeux et tubas en bouche. Chaque jour, c’est une nouvelle rencontre. Poissons multicolores, poissons perroquets, poissons anges, poissons pierres. Tortues géantes qui paissent tranquillement au fond de l’eau. Lions de mer qui jouent à se taquiner. Et même des manchots qui plongent dans les flots.

tortue sous marine

Les manchots tropicaux

Des manchots ?? Ici, au niveau de l’équateur ? Il ne fait pas un peu trop chaud par ici ?

Entre 1200 et 2000 manchots vivent sur les côtes des Galapagos. Cousins des manchots de Humboldt qu’on retrouve plus au sud, au niveau du Pérou et du Chili, ils seraient arrivés ici en suivant un courant marin froid.

À quelques centaines de mètres au large de Concha Perla se trouvent les îles tintoreras. Leurs silhouettes noires invitent à aller les voir de plus près. Et quoi de mieux que de choisir le kayak pour s’en approcher ?

Pingouin galapagos

Aux Galapagos, de nombreux sites ne sont accessibles qu’avec un guide, afin de protéger le milieu ambiant. Pablo nous accompagne jusqu’à une petite colonie de manchots.

« J’en ai compté 12 ! Ils viennent juste de revenir, car l’été est le moment de la ponte et de la nidification. En général on les voit quand la température de la mer baisse. Mais cette année, avec le phénomène « El Niño », l’eau est encore très chaude ! »

Ce phénomène climatique entraine une augmentation de la température des eaux du Pacifique et déséquilibre l’écosystème des îles. En effet, plus les eaux sont chaudes, moins les manchots trouvent de quoi se nourrir. Et sans nourriture, point de nidification…

Il est 16h00 et les manchots sont rentrés de la pêche. Ils se dandinent sur les roches noires, alors que d’autres barbotent dans l’eau à proximité de nos embarcations.

« A cette heure-ci, ils nagent pour le plaisir ! C’est le moment du snorkeling, nous dit Pablo en riant ».

Balade sur Isabela

Le meilleur moyen pour parcourir Isabella c’est le vélo.

Isabela galapagos

Suivre la longue plage de sable blanc et les rouleaux bleus du Pacifique qui se jettent sur la berge, S’arrêter dans les criques et rencontrer les colonies d’iguanes qui sèchent au soleil, découvrir une baie et s’aventurer dans la mangrove, éviter les tortues qui traversent la route et enfin admirer les flamants roses dont les silhouettes se reflètent dans la lagune. Chaque détour, chaque chemin nous amène son lot de surprises et de découvertes. Décidément, on aime Isabela.

flamants roses  isabela galapagos
iguanes galapagos

Los tuneles

On peut visiter les îles Galapagos sans prendre d’excursions. Sur chaque île, des plages sont ouvertes au public et les animaux sont bel et bien présents. On peut faire du snorkeling dans de nombreuses baies et rencontrer la faune locale sans avoir besoin de faire des kilomètres. Mais certains lieux ne sont accessibles qu’accompagnés de guides et par bateau. Et c’est vrai qu’il y a peu de chance qu’on revienne un jour aux Galapagos, alors on casse la tirelire et on s’offre une excursion aux tuneles. Les tuneles, c’est quoi ? C’est un incroyable réseau de roches formées de lave volcanique.

Los tuneles galapagos

Un véritable de décor de cinéma, entre arches de roches noires et mer bleu turquoise. Ici, on nage avec les tortues, et on rencontre les fous à pattes bleus.

fous à pattes bleu galapagos

La caractéristique de ces fous est la couleur de leurs pattes, d’un bleu turquoise à faire pâlir les eaux des caraïbes. Cette couleur vient de leur alimentation en poissons et est une bonne indication de la santé de l’animal. Évidemment, tout est une question de drague. Plus le fou à de jolis pieds, plus Madame Fou sera attirée. Nous avons la chance d’assister à une parade nuptiale, et à quelques pas de nous un mâle vient montrer ses pattes à la demoiselle qui lui fait face, tout en agitant les ailes et en lui chantant une petite chanson. Mais madame n’est pas séduite, le mâle est trop jeune, ses pieds pas assez bleus, et elle finira par lui tourner le dos. Pauvre petit mâle, il n’a plus qu’à tenter sa chance auprès d’une autre folle.

Fous à pattes bleu galapagos

Un peu plus loin, le bateau nous emmène dans une petite baie pour un tour de snorkeling, le meilleur et de loin de toute notre vie. Une dizaine de petits requins à pointe noire qui filent à notre approche, des tortues géantes qui nous accompagnent, des raies qui semblent danser sous nos palmes, et tout cela en même temps.

Et comme une cerise sur le gâteau, on croise des hippocampes, et deux pingouins qui nagent à tout allure. Expérience unique qui restera gravée dans nos mémoires.

Requin galapagos

San Cristobal l’île des otaries

Pour quitter Isabela, il faut prendre le bateau… Et sincèrement, ça ne nous motive pas plus que ça ! Mais cette fois-ci, on a pris nos précautions. Vive le mercalm !

Après une halte d’une nuit à Santa Cruz, nous reprenons la mer direction San Cristobal.

Ici, la ville de Puerto Baquerizo Moreno et ses 6000 habitants ne font pas le poids face aux milliers d’otaries qui séjournent sur ses plages. On les appelle otaries des galapagos ou lions de mer. La journée, elles partent pêcher en mer, s’amusent à se pourchasser dans l’eau, agiles et vives. Puis, lorsqu’elles en ont assez, elles viennent s’échouer sur la plage et font une petite sieste, tranquilles. Le soir, toute la colonie se rejoint pour un co-dodo gigantesque. Pas facile pour tout ce petit monde de dormir ensemble. Certaines n’ont qu’une envie : se reposer. D’autres n’ont pas la même idée et réveillent leurs congénères de leur voix gutturale ou alors grimpent sur leurs voisines en essayant de se faire une place. Et nous, on ne se lasse pas de les observer…

Otarie galapagos San Cristobal

Certaines plages leur sont réservées, d’autres sont partagées avec les hommes. Tout le monde se baigne en bonne entente ou se partage le sable pour faire un petit somme.

Cododo San Cristobal
Galapagos San Cristobal

Un peu plus loin, la baie du Cerro Tijera à la couleur divinement bleue invite au snorkeling. Et il ne faut pas longtemps pour que les otaries nous approchent et viennent nous inviter à participer à leurs jeux du fond des mers. C’est décidé, les otaries sont devenues les animaux préférés de Lily et Léa.

San Cristobal Galapagos

Les Galapagos d’hier et d’aujourd’hui

Il est temps pour nous de quitter ces îles hors du commun. Marcelo notre hôte et chauffeur nous ramène à l’aéroport de Baltra.

« Cela fait combien de temps que tu vis ici Marcelo ?

– Je suis arrivé il y a 43 ans. À l’époque, sur l’île de Santa Cruz, il n’y avait que 7 voitures ! tout le monde roulait à vélo. Le soir, il n’y avait plus d’électricité à partir de 22h00. On ne voyait rien et les accidents de vélo étaient fréquents ! Tout le monde pêchait dans le port. On pêchait pour sa propre consommation poissons, langoustes, crabes. Aujourd’hui c’est interdit, et de toute façon il n’y a plus de poissons dans le port. Trop de bateaux… » me raconte-t-il.

À notre arrivée sur les îles Galapagos il y a 12 jours, on se demandait si elles étaient un paradis écologique. La vérité est qu’on en est bien loin. Dans les rues des papiers, des emballages plastiques trainent ça et là. Sur les plages, on intercepte souvent des papiers de glaces, des emballages de paquets de chips qui volent au vent. Dans les rues, il n’y a pas de poubelles publiques. Le plastique est omniprésent dans les boutiques…

« Les gens d’ici n’ont pas toujours conscience de l’impact qu’ils ont sur l’île. Souvent, les familles ont 4 ou 5 motos, 2 voitures… », me confie Marcello.

Le développement touristique des îles ne semble pas maitrisé, en particulier sur Santa Cruz et San Cristobal. Les constructions sont disparates, on a l’impression qu’il n’y aucun plan urbanistique. Les façades des bâtiments ne sont peintes que d’un côté, donnant l’impression qu’aucun édifice n’est terminé.

Toutefois, les initiatives écologiques sont nombreuses. Des centres d’élevages de tortues se trouvent sur chacune des îles, afin de faciliter la conservation et la réintroduction de certaines espèces. Le centre de recherche Charles Darwin sur l’île de Santa Cruz a lancé de nombreux projets de restauration de l’éco-système par la réintroduction de plantes dans certaines zones endommagées comme l’île de Baltra par exemple, ou encore la sensibilisation des enfants de l’île à l’écologie… Mais le chemin est encore long.

 » Pour toi Marcello, le tourisme est une bonne ou une mauvaise chose pour les îles ?  

– Le développement touristique de l’île est une bonne chose pour les locaux, surtout qu’aujourd’hui il a vraiment un impact sur les populations locales. Auparavant et jusqu’à la pandémie, le tourisme était principalement un tourisme de groupes, de croisières et d’excursions dont nous, les habitants de l’île, ne profitions pas. Aujourd’hui, on dirait qu’il y a un tournant. Le tourisme individuel est beaucoup plus important et celui-ci bénéficie directement à l’économie locale.»

La voiture s’arrête au niveau de l’embarcadère des navettes pour l’île de Baltra. Les îles Galapagos n’ont pas failli à leur réputation. Nous avons vécu d’incroyables moments sur ces îles hors du commun. Bientôt nous redécollons vers une nouvelle destination : nous allons en Colombie !

Pour découvrir la première partie de notre séjour aux Galapagos, allez voir du côté de l’article : Les Galapagos, Santa Cruz.

Lisez la suite de notre voyage en famille 2023 : La Côte Caraïbes en Colombie

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Cet article a 10 commentaires

  1. GERSON jacques

    Magnifique récit, bien illustré et que de beaux rêves à travers cette super famille !! on attend la suite!

  2. Richard nadine

    Bonjour la petite famille nomade,ton récit et tes photos nous font rêver Aurélie.Nous voyageons au fur et à mesure de toutes vos découvertes, c’est un plaisir de pouvoir vous suivre.Attendons la suite avec impatience. Bonne continuation

  3. Calvet Véro

    Magnifique récit qui nous fait rêver . Merci et à très vite en Colombie

  4. Gaultier Françoinse et Christian.

    Vraiment un très grand merci pour la qualité et la sincérité du reportage ! Quelle enrichissement intellectuel pour les enfants et sans doute aussi pour les parents…
    Continuez à être heureux et à nous faire partager votre quotidien.
    Gros bisous à toute la famille.
    Françoise et Christian.

  5. Martine Périer

    Belle découverte pour moi.

  6. BIA Nicole

    Attendons la suite de ce merveilleux voyage qui nous fait tous rêver. Bisous. Nicole

  7. quel plaisir de vous lire et merci pour cette belle leçon d’histoire
    continuez de nous faire rêver c’est passionnant
    belles découvertes en Colombie à bientôt

  8. Chalandon

    Merci…on accompagne en rêve
    .

  9. Bea Allais

    Magnifique reportage
    Plein d’humour d’anecdotes et de belles photos illustrant les propos
    Bravo 👏
    Bonne continuation Aurélie
    Tu nous fais rêver 🌞🫶

  10. Diane

    Merci Aurélie pour ce beau reportage qui donne tellement envie!