Puerto Natales

Nous voici à Puerto Natales, petite ville bien agréable en bord de fjord, porte d’accès au fameux parc national de Torres del Paine. Nous avons réservé une chambre dans une auberge, qui se trouve encore dans la cuisine (ça nous arrive fréquemment), et qui sent pas bon… Pas tellement envie de squatter dans cette chambre, heureusement, on avait prévu une journée en bateau !

Au fil de l’eau

Nous remontons le fjord Ultima Esperanza en Catamaran vers les glaciers Balmaceda et Serrano, et nous découvrons une côte découpée, des sommets enneigés, sous une lumière patagonienne à tomber. Le ciel couvert laisse passer parfois un rayon de soleil, éclairant une montagne, un arbre, une cascade… Le soleil s’amuse et dirige notre regard sur ce qu’il faut admirer. Magique.


On passe un premier glacier, le Balmaceda, accroché à la roche, le bleu de la glace contrastant avec l’orangé de la pierre, puis nous arrivons au second, le Serrano. Blotti dans un cirque, il se jette dans un petit lac tout bleu, et perd parfois un bout de lui-même qui se met à flotter et à fondre tout doucement, alimentant de son eau millénaire le fameux petit lac tout bleu.

 

Nous embarquons ensuite sur un zodiac, vêtus d’une combinaison étanche de survie pour milieux aquatiques hostiles (eau à 4 degrés). Les bibendums que nous sommes remontent la rivière Serrano sur une distance de 35 kilomètres ; nous nous arrêtons prendre des nouvelles de cet ermite qui a quitté son village depuis 20 ans et vit seul au milieu de la forêt, puis nous faisons halte dans une hacienda, la seule à des kilomètres à la ronde, coincée entre deux parcs nationaux que sont le O’Higgins, le plus vaste de Patagonie, et le Torres del Paine.

torres del paine


Voilà qu’au loin nous pouvons admirer ces majestueuses montagnes, à la roche contrastée de noir et beige, sortant de terre tel un mirage. Magnifique. Bientôt, nous irons la visiter.

Torres del Paine : On fait le V du W

Le parc national Torres del Paine est connu dans le monde des trekkers pour son fameux circuit W, qui contourne les montagnes et s’enfonce dans les vallées. Nous, on s’est décidé pour un trek de 4 jours, et la découverte de deux vallées, celle qui vous emmène aux Tours et celle des français.

JOUR 1

Il fait beau, très beau, pas un nuage à l’horizon, et surtout pas de vent, un miracle dans ces contrées lointaines.

Après 3 heures de bus, nous voici à l’entrée du parc. Aujourd’hui, c’est petite journée, 4 heures de marche qui monte qui monte pour dormir au camp de base au pied des tours.

On réussit à se planter de chemin

Et oui, on est trop fort, il y a pas à dire, on prend le mauvais chemin, qui va toutefois dans la bonne direction, alors on continue, on rejoindra bien le vrai…

Ah le voilà, en face, tout près ! Ben oui mais non, à nos pieds, un immense canyon où coule une rivière nous barre la route.

torres del paine

Redescend en longeant le canyon, et rattrape le chemin… Un petit détour d’une heure, avec un sac de 14 à 17 kilos sur le dos, une broutille !

On dort (peu) au camping de las Torres

4 heures de montée, et nous voici enfin au camping de las Torres. On s’évanouit dans notre tente en songeant aux jolies tours que l’on va découvrir demain.

JOUR 2

3h30, le réveil sonne, on va voir le lever de soleil sur les tours. Et c’est qu’il se lève tôt le soleil en Patagonie ! Des dizaines de petites loupiottes éclairent le camp, tels de petites lucioles affairées. On n’est pas tout seul à vouloir découvrir ce spectacle unique.

45 minutes de marche, ou plutôt d’escalade pour atteindre la base des tours. Les randonneurs partent à l’assaut des 310 mètres de pierrier, la course au soleil a commencé.

On arrive à moitié épuisé en haut pour découvrir un paysage unique, petit lac tout de vert vêtu au creux d’un cirque surmonté des trois tours mystiques à la paroi abrupte.

torres del paine


Les minutes s’écoulent, et peu à peu le soleil vient chatouiller la tête des tours. On reste 3 heures à les contempler revêtir leur habit de lumière, jusqu’à ce que le paysage en son ensemble soit noyé d’un bain de soleil. On est content.

Bon, ben, c’est pas tout ça, mais il y a quand même 8 heures de marche qui nous attendent.

Il nous faut redescendre, replier la tente, charger le sac sur nos épaules, et marcher, descendre, monter, descendre, monter, sous une chaleur écrasante parce que, oui, en Patagonie il fait beau et il fait chaud.

Le paysage vaut le coup d’oeil, c’est le printemps, les arbustes explosent de couleurs, rouge des fleurs, vert des arbres, bleu turquoise des lacs créés par la fonte des glaciers.

16 kilomètres plus tard, nous arrivons finalement au prochain camp fourbus, nos pieds ne sont que douleur (surtout les gauches), nos épaules rougies se délectent d’abandonner les sacs à dos.

Et oh bonheur, nous allons pouvoir apprécier une douche chaude, et se délester de cette odeur tenace qui colle au corps.

On s’évanouit dans notre tente

Une nuit de sommeil de plomb nous requinque pour affronter notre 3ème jour.

JOUR 3

Les épaules ne veulent pas, les jambes crient non, les pieds ne rentrent même plus dans leurs chaussures. Notre corps refuse de souffrir à nouveau. Et pourtant, sac sur le dos, c’est reparti ! 2h15 de marche et nous voici au prochain camp. On va pouvoir découvrir le val des français sans sac, et ça, ça fait plaisir !

torres del paine

Le val des français avorté

Sans sac, ça va mieux, mais c’est quand même douloureux. Ça monte, ça monte, et à mi-chemin, alors que le plus dur est passé, je m’aperçois que j’ai perdu ma veste. Alors on fait demi-tour, à la recherche de la veste perdue, mais où qu’elle est donc, on redescend, on cherche, et on se retrouve tout en bas au camp… La veste est définitivement perdue, les nuages s’amoncellent dans le val et nous on est trop épuisés et dépités pour repartir de nouveau. Le val des français c’était pas pour nous !

JOUR 4

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Dernier jour dans le parc, nous repartons vers la prochaine étape où nous attend le catamaran qui nous ramènera au bus. On en profite pour manger un hamburger au refuge qui se trouve au pied du lac, de la viande et du pain, ça nous réconforte, après trois jours de soupe et de nouilles ! Il ne nous reste plus qu’à monter dans le bateau, puis dans le bus qui nous ramènera à Puerto Natales. Nos jambes sont contentes, la marche c’est fini ! Sauf qu’à l’arrivée du bateau, oh surprise, le bus nous attend tout là-bas tout loin tout au bout de la route, à près de 700 m de là, et ça c’était pas prévu…

Retour au confort, une bonne douche et un lit douillet pour quelques heures de sommeil avant notre prochaine étape : El Calafate, en Argentine.

Si vous avez manqué le début du tour du monde….

 

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